Vanessa Larré - Parcelle 112

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La Passe #1 - Vanessa Larré - Parcelle 112

LA PASSE s’articule en deux gestes : une installation – LA PASSE#1 (novembre 2018), et un spectacle – LA PASSE#2 (création octobre 2019).

LA PASSE#1 donne forme et accès à la matière première du projet, LA PASSE#2 est son accomplissement théâtral. Par la suite, l’installation et le spectacle voyageront ensemble.

A L’ORIGINE

En 2016, j’initie un projet théâtral sur les traces de Grisélidis Réal. Très vite, je m’oriente vers un travail de recherche -avec une comédienne- et de recueil de témoignages de femmes et d’hommes liés à la prostitution traditionnelle : prostituées, clients mais aussi des actrices, ...

Tous ces enregistrements vers lesquels je reviens depuis des mois pour les retranscrire m’émeuvent profondément. J’ai toujours senti que je devais, à toutes les personnes qui ont accepté de me donner leurs témoignages intimes, d’en faire quelque chose, que je leur devais de les donner à entendre. Je sais que ces voix font écho à ma propre histoire, sans savoir exactement quelle part d’ombre elles viennent révéler si ce n’est celle qui se bat et s’accorde avec la nécessite de notre survie.

LA PASSE#1 est un témoin, une installation qui invite le public à s’immerger dans l’écoute de ces vies. Ce sont les portes vers « la passe intime », cette frontière intérieure qui délimite le territoire de notre identité profonde et la tentation de sa transgression. C’est par là que tout commence et c’est l’origine de l’écriture de LA PASSE#2.

L’ÉCRITURE

Durant ces deux années de travail, j’ai fait la connaissance d’une actrice et d’une prostituée, Laurence Mayor et Catherine T. LA PASSE#2 est l’histoire de leur rencontre jusqu’au jour où Catherine disparaît.

C’est là que commence la pièce.

On remonte alors à rebours le fil de leur histoire à travers les enregistrements sonores, les retranscriptions dialoguées, messages téléphoniques et images vidéo que j’ai archivés.

Le corps, le regard et l’intime sont au cœur de la pièce qui déplie une conversation en trait d’union entre deux femmes qui sont à la croisée des chemins et vont initier chacune une métamorphose. Quitter le métier, accepter de vieillir, ne plus se soumettre à ce qui blesse, incarner une nouvelle vie.

La trame documentaire sculpte un langage théâtral qui va traduire cette rencontre en y mêlant les histoires qui m’ont été confiées et toutes celles que je porte en moi. Ainsi la fable s’invente avec des récits de natures multiples qui, comme des petits cailloux sur le chemin, nous ramènent à nos histoires intérieures.

Mon travail s’articule sur l’observation d’un féminin abîmé et de son écho dans notre culture. Ce travail d’écriture est sans doute une tentative de réparation.

La PASSE #1 - Conception Vanessa Larré / Scénographie Chantal de la Coste / Conception sonore et technique Stan Bruno Valette / Construction Romain de Souza / Collaboration et production Dantès Pigeard / Avec les témoignages de Mélina, Vicky, Claudine, Corinne, Isabelle, Laurence, Annie, Valérie, S. Georges, Jean-François, Fred, Jean-Luc

Production Cie Parcelle112, TNB Rennes / Avec le soutien du CentQuatre-Paris, Théâtre Ouvert, Fonds de dotation Porosus, La Ménagerie de Verre / En partenariat avec le Bus des Femmes

Théâtre National de Bretagne > 06 Nov - 24 Nov 2018 : LA PASSE #1STALLATION

La Passe #1 - Festival TNB Rennes - Vanessa Larré - Parcelle 112

« King Kong Théorie »

Reprise au TNP-Villeurbanne (2017) et au THÉÂTRE DE L’ATELIER (2018)

King Kong Théorie - Affiche - Théatre de l'Atelier

ADAPTATION Valérie de Dietrich/Vanessa Larré MISE EN SCÈNE Vanessa Larré

AVEC Anne Azoulay, Valérie de Dietrich et Marie Denarnaud

SCÉNOGRAPHIE/LUMIÈRE Laurent Castaingt SON/MUSIQUE Stan Bruno Valette

VIDÉO Christian Archanbau COSTUMES Ariane Vialet ASSISTANTE Alma Terrasse

Production THÉÂTRE LA PÉPINIÈRE Paris

« VERS LE MIROIR »

Un film de Stanley WOODWARD, avec Vanessa Larré et Michèle Gleizer...

Projection le 12 avril à 20h au Cinéma ÉTOILE LILAS

ACCÈS Etoile Lilas Place Maquis du Vercors, 75020 Paris
Métro : Lignes 3bis & ligne 11 [Porte des Lilas]

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Vers le Miroir - Affiche

Un film en première intention.
Aller tourner.
Seul.

Filmer ce qui pouvait jaillir lors d’une résidence de recherche théâtrale au 104 accordée à ma compagne metteur en scène.

Filmer la création. Ce geste.
Rendre visible l’invisible. Essayer.
Être là. Au présent. Sans autre intention que de disparaître.
Devenir invisible pour pouvoir regarder.

Un film comme un pari. Celui d’une écriture qui se révèle au montage.
Cinématographique.
Images. Sons. Voix.

Ne pas chercher à savoir.
Essayer de regarder, d’écouter.
Laisser le temps au temps. Au travail, comme on dit d’une femme en train d’accoucher.

Ce qu’on ne sait pas nous sait, nous anime à notre insu lorsqu’on fait.
Être seul avec ça. Sans savoir ce qu’est ça.

Le temps du montage, comme une enquête. Le déchiffrement d’une énigme. De ce qui se dit derrière les images, les sons.
Laisser les connections se faire. Se laisser embarquer dans/par/vers ce qui sourd.
Accepter de se mettre en jeu.
En Je.

Reconnaître le détour que le montage révélerait. L’espérer.

Avec l’intention de rendre visible ce que le visible cachait au dehors je me retrouvai au prise avec l’invisible que je portais en moi : l’ombre vive de ma mère morte.

Accepter de donner forme cinématographique à ce travail intérieur à travers celui des femmes filmées. Accepter la confusion d’un dehors filmé avec un dedans chuchoté, puis énoncé pleinement.

Revenir sur l’acte de filmer. Qui consiste à regarder. Quelqu’un. Quelque chose.
Essayer de donner à voir le regard d’un cinéaste pris dans celui de sa mère. La faire mourir une seconde fois pour s’en dégager. Pour commencer de regarder ailleurs. Autrement.

Ça, je n’en n’avais pas l’intention.

Le film, oui.